Added by on 2012-06-05

2012, année du cinéma ?

Alors que les érudits du cinéma savourent une nouvelle fois la victoire de l’art au détriment du profit, d’autres, dont je fais évidemment partie, boudent cette quinzaine.

Car oui, le cinéma américain à beau être une pompe à fric, il reste néanmoins le premier créateur de divertissement sur grand écran juste après les Indiens, qui, malgré une production lourde, nous sortent des bons vieux nanards savoureux. Alors  pourquoi fait-on la gueule ?

Parce que c’est pas Arty ! Audiard nous livre un chef d’oeuvre avec de Rouille et d’os, Leos Carax fait sensation avec son Holy Motors qui offre non moins de dix rôles différents à Denis Lavant (!), Cronenberg nous livre une nouvelle adaptation impossible d’un livre majeur avec son Cosmopolis, film qui, au passage, transforme Bob » Pattinson en vrai acteur, chose impensable il y a encore quelques temps de çela.

Alors pourquoi ? Les prix fusent en ce dimanche et aucun film, ou presque, ne mérite de gagner plus que ceux ci, mais le problème est là, la démocratisation du cinéma fait mal aux miches. Voir The Avengers rafler la mise des plus gros succès de tous les temps, ça irrite les critiques. Plus grave, les prises de risques tant formelles que conceptuelles sont successivement boudées par les théoriciens du cinéma qui préfèrent regarder une NOUVELLE VAGUE LOW COST plutôt que du génie bien produit.

Enfin, outre la verve acide, voici ici une petite liste des films de 2011/2012 qui valent sans doute la peine d’être vus, parce que c’est beau, c’est bien, et surtout parce que ça ne fait pas l’effet d’un somnifère.

Le cinéma qui coûte cher, c’est aussi de qualité, la preuve.

PROMETHEUS.
Il s’agit ici du nouveau film de Ridley Scott. Pour ceux qui ont dormi devant les vainqueurs du festival de Cannes, Ridley Scott, c’est le type qui a inventé Alien, qui a réalisé Gladiator et qui a propulsé des acteurs tels que Russel Crowe au stade ultime des acteurs sacrés.

Bien que certains pensent encore qu’il s’agisse d’un préquel à Alien, Prometheus, c’est autre chose, c’est un univers certes semblable, mais c’est une mythologie tout à fait à part, une sorte de film parallèle  à Alien 1.

Pourquoi le voir ?

Ben parce que c’est bien fait, les effets spéciaux sont sublimes, l’histoire est tordue, les acteurs sont immenses et l’univers noir développé fait vraiment du bien. La boucle Alien se referme (presque) avec celui qui  a tout  commencé. Il faut tout de même souligner que la saga Alien ( la vraie, celle avec Predators est sans doute la pire chose que le cinéma ait offert, et il s’en excuse d’ailleurs) a vu défiler derrière la caméra des génies. Scott, bien sûr, mais aussi James Cameron, qui malgré sa fâcheuse tendance à transformer ses films en niaiserie, livre une prestation plus qu’honorable (Titanic, Avatar etc…).  Fincher, naissance d’un génie malgré une première expérience ratée ( Fincher qui l’année suivante réalisera SEVEN, avant de clouer le bec de tout le monde avec Fight Club) et enfin Jean Pierre Jeunet, réalisateur français d’Amélie Poulain. Si vous avez encore des questions, c’est le temps de se bouger les fesses.

Outre le fait que la saga Alien reprend un peu du service avec un film dont l’ADN sent bon la charogne de ses sales bestioles, Scott livre ici un putain de film qui offre à la 3D une vraie utilité très peu exploitée dans les navets qui ont précédé ( je pense surtout à ALICE AU PAYS DES MERVEILLES de Tim Burton plus qu’engourdi ces derniers temps).

THE DARK KNIGHT RISES.

Fin de la saga Batman. Alors oui il y a quelques années, l’univers si noir et si dépressif de Batman faisait un petit tour par le pays des culottes en cuir et des pantalons moulants assez Sado Style avec un Georges Clooney aussi inspiré que Hollande qui, manifestement, n’en avait RIEN à foutre. Depuis, tout a changé. Sir Nolan, réalisateur de génie de son état, à qui l’on doit INCEPTION, LE PRESTIGE et MEMENTO reprenait la franchise. Exit l’univers horrible de Joel Schummacher (pas le pilote de F1, l’autre, celui qui à fait 8mm ou encore Chute libre), le héros masqué devenait enfin un BAD ASS HERO sous les traits d’un Christian Bale obligé de prendre 60 kilos de muscles suite  à son jeu de silhouette du Machinist ( où il pesait 45 kilos.).

Batman, c’est avant tout un vrai héros noir, un casting de haut vol et surtout un JOKER inoubliable sous les traits de Heath Ledger, prestation saluée aux Oscars qui cloua au poteau celle du non moins gigantesque JACK NICHOLSON.

POURQUOI ?

PARCE QUE, acteurs sublimes, univers torturé, et puis merde, rien que de voir TOM HARDY en Bane ça fait vraiment du bien par où ça passe. Et puis il suffit de regarder les deux autres pour comprendre l’enjeu de ce final d’anthologie, une saga ultime pour une comics ultime. On peut dire que Nolan a remonté une sacrée pente en reprenant la franchise laissée à l’agonie par des studios véreux qui voyaient en Batman le même potentiel que Spider Man. Il suffit de comparer maintenant. WHY SO SERIOUS ?

MILLENIUM, LES HOMMES QUI N’AIMAIENT PAS LES FEMMES.

Oui oui, il s’agit d’un remake. Certains diront  que le cinéma américain est vide et cherche sans cesse à s’approprier les oeuvres européennes et d’autres regarderont les films suédois et comprendront directement.

Ici c’est plus qu’un simple remake, c’est carrément une nouvelle vie, un lifting, un hommage à l’oeuvre originale plus qu’un simple repompage d’une série Z suédoise digne d’un téléfilm allemand avec des acteurs en paille ( outre Noomi Rapace, actrice de PROMETHEUS, tiens donc.) C’est bien plus, c’est DAVID FINCHER.

Car oui, pour ceux qui se sont endormis une nouvelle fois devant les Frères Dardenne, Fincher c’est LE génie du cinéma moderne, le seul mec, ou presque, capable de sortir un film interdit aux moins de 16 ans avec un budget destiné à un film tout public. C’est aussi SEVEN, THE GAME, ZODIAC, THE SOCIAL NETWORK et surtout FIGHT CLUB, oeuvre colossale sur fond de nihilisme et de liberté existentielle. Alors pourquoi le voir si on a soit lu le livre, soit vu ce qu’on appelle un film en Suède ?

Parce que comme d’hab’ Fincher soigne la photographie. Il insuffle son génie à ses interprètes, il transforme une scène anodine en véritable régal pour les yeux et puis il trouve les gens qui ont les gueules. REZNOR à la musique ( ancien producteur de Marylin Manson), Cronenwerth à la photo, 007 en détective fatigué et surtout Rooney Mara qui transforme véritablement son corps de petite fille frêle en théâtre macabre .

Attention toutefois, c’est violent, c’est sombre et c’est très très culte.

ET UN DERNIER POUR LA ROUTE.

DJANGO UNCHAINED.

Non vous ne rêvez pas. Le grand TARANTINO revient après son excellentissime INGLORIOUS BASTERDS vers le western spagget’, son premier amour. TARANTINO, c’est le mec qu’on ne présente pas, c’est avant toute chose, l’une des dernières palme d’or valable du cinéma (1994, ça ronfle sec depuis moins de dix piges quand même, c’est le temps de se sortir les doigts du cul). C’est Kill Bill,  des scénarios complètement barges ( Tueurs nés et True Romance en tête, chose marrante vu que ces 2 scénaris ont été revendus l’un à Oliver Stone, oscarisé de Platoon, et l’autre a Tony Scott, frère de … RIDLEY SCOTT, tout est calculé), mais c’est avant tout PULP FICTION, l’oeuvre ultime de la contre culture américaine, celle de Mac Luhan et consorts, celle qui prend des risques et qui fait tout sauf des oeuvre dénuées de sens. Alors oui, il aime les films low budget de série ultra Z tel que Faster Pussycat Kill Kill ou Pervert. Oui, il est beaucoup trop boulimique quand il s’agit de faire du cinéma, mais c’est tellement bon, et puis c’est tout de même grâce à lui qu’on a découvert la Surf Music, les films Grind House et surtout qu’on a pu danser tout l’été sur Pump It des Black Eyed Peas (HUM).

Pourquoi le voir ?

Parce-que Di Caprio fait le méchant, Jamie Foxx le gentil, parce-que le fou nazi des Basterds reprend du service en cow boy allumé, et surtout parce-que c’est TARANTINO.

Amateurs de dialogues croustillants, de maîtrise scénique, d’acteurs dédiés et de musique  SO 80′s que tout le monde connaît mais personne ne sait d’où, rendez vous bientôt dans les salles obscures pour découvrir un cinéma de qualité et non de prétention dandy !

Pour conclure, sachez que le cinéma, c’est avant tout au cinéma, et qu’avec cette petite rubrique vous pourrez frimer dans les dîners mondains et auprès de vos amis universitaires qui vous diront que rien ne vaut un bon petit film Slovaque en séance de minuit.

Bien à vous,

BUK.

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